
dimanche 8 novembre 2009
vendredi 9 octobre 2009
samedi 19 septembre 2009
mercredi 16 septembre 2009
vendredi 28 août 2009
Expédition Jungle
De l'été dans la vigne, des clopes sur la terrasse. Des kilomètres à vélo, des châteaux inaccessibles, et une petit voiture bleue. Du soleil et des tisanes. Du vent chaud, des livres vieux, du chlore dans les cheveux. Une petit musique nostalgique, et le train. Un papou dans le métro, des blessures superficielles, d'autres plus profondes. Un ciel illuminé avant le crépuscule, et un soleil rythmant, à travers les arbres au bord des rails, cette même phrase en morse: "Les gars, vous êtes con!"


dimanche 2 août 2009
Ma Tequila n'en est pas

C'est ici que tout perd son sens: dans cette maison rempli de silence, vibrant sous les assauts répétés des buveurs nostalgiques, et un peu fou. Ils oublient les jours de la semaine, de sortir les poubelles et de faire le ménage, parfois. Depuis maintenant près d'une semaine, le salon de la maison s'enfonce dans une léthargie nouvelle, et si séduisante. Les canapés s'affaissent sur les ordures oubliées; les lentes volutes fantômes, d'encens stupéfiants ou de voix chaudes comme la braise, parcours l'espace auparavant bien stérile. La baignoire souffre à présent du poids non négligeable de la vaisselle sale, les miroirs de la salle de bain sécrètent de longues coulures de dentifrice et, dans son repli caché, le camembert attend sagement l'heure d'être immolé.
dimanche 19 juillet 2009
samedi 18 juillet 2009
Poor Little Tiny Thing...

Vous êtes tous des barbares... Rien de tel que la clope de l'heure bleue, celle qui réconforte et qui embrouille un peu plus vos idées. Tout comme les gens qui conçoivent le bonheur comme l'addition et la soustraction des plaisirs et des malheurs, vient fatalement le moment où, après cette période d'élan vers la joie, vous retombez des nues, vers cette fange noire et triste. L'après fête, la fin du mouvement perpétuel. Dans l'agitation collective, les vapeurs et les rires, pas le temps de ruminer. Après, c'est une autre histoire. Alors oui, dans les contes de la crypte, on vous dit "installez vous bien dans votre fauteuil", mais là, c'est plutôt "calez vous comme vous pouvez sur la marche froide de l'escalier du dehors". C'est comme la retombée d'un état second, arrosé d'un alcool un peu fou. Celui que l'on mélange dans des tasses de couleurs, et que l'on boit déjà joyeux, assis maladroitement sur un divan bondé. La musique alors, est la meilleure du monde. Les lentes fumerolles éclopées parodient autour de vous toutes les ambiances les plus évasives, et les plus riches. Le temps lui-même semble s'engluer dans la mélasse des discussions furtives. Dedans, dehors, avant, après; tout n'est qu'instant savouré. C'est cette image qu'il faut conserver, quelque part. Au moment fatidique où le soleil, lentement, entreprend son réveil, c'est déjà la fin. La folie disparue, tout nous devance. Alors, sobre ainsi qu'en un désert gelé d'où tout le monde à fui, on se retrouve seul, avec en filigrane le souvenir d'un peu plus tôt, quand notre espace était agréablement encombré. Le dépeuplement hâtif, loin de votre aura grisé, devient un facteur de trouble, une malédiction. L'horloge horrible qui continue, inlassable, sa filature vers l'heure d'après, rythme un demi sommeil sans rêves ni pensées, allongé négligemment sur le rebord du fauteuil. Puis, ce qui paraît par la suite une éternité, révèle au dormeur embrumé les restes d'une nuit sans entraves: les cheveux odeur fumée, les chaussures lacérées, les coudes sales de terre sèche, les yeux gonflés, les taches suspectes, quelques briquets inconnus, le cœur en ballade. La fête, parfois, revit on ne sait comment, au bord d'une fenêtre ou d'un évier sale.
mardi 14 juillet 2009

« Chapitre I : Il adorait New York. Il l’idolâtrait au-delà de toute mesure. Euh… Non non, non non, mettons plutôt : il romançait New York au-delà de toute mesure et, pour lui, quelque soit la saison, elle restait une ville qui existait en noir et blanc et qui vibrait au rythme du grand Gershwin. Euh… Pfff… Non. Non non, je recommence. Chapitre I : il mettait trop de romantisme dans Manhattan comme en tout autres choses. Il se fortifiait du tohu-bohu de la foule et des voitures, pour lui, New York c’était les femmes superbes et les mecs du pavé qu’avaient l’air drôlement à la cool. Non, non non non non, ça c’est tocard. C’est trop tocard pour mon goût ça. Hum ! Alors bon, essayons un cran au-dessus. Chapitre I : Il adorait New York. Pour lui, elle était la métaphore du pourrissement de la culture contemporaine. Cette absence même de force morale poussait trop de gens sur la pente de la facilité et transformait à vue d’œil la ville de ses rêves. Non, non, trop prêchi prêcha. Faut quand même que je vous le dise, je voudrais le vendre ce bouquin. Chapitre I : Il adorait New York, bien que pour lui elle fut une métaphore du pourrissement de la culture contemporaine. Quelle difficulté d’être dans un monde désensibilisé par les drogues, la musique tapageuse, la télévision, la violence, les ordures… Non, trop en colère. Ça, je ne veux pas l’être. Chapitre I : Il était dur et romantique comme la ville qu’il aimait. Derrière ses lunettes d’écailles il y avait en filigrane la puissance sexuelle d’un félin de la jungle. Ça j’adore. New York était sa ville, et elle le resterait à jamais. »
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